20 minutes | 02.09.2017 | Par Pierre Brun

C’était avant France–Pays-Bas, le 31 août, et on avait eu du mal à en croire nos yeux. Un magnifique tifo bleu-blanc-rouge couvrait trois tribunes du Stade de France. Vraiment ? Cette enceinte raillée depuis toujours pour son ambiance molle et son public de « Footix » ?
« Tout le monde s’est dit « oh la la, alors maintenant il y a des supporters au stade de France », ironise Florent Soulez, responsable marketing et événementiel de la Fédération française de football (FFF), chargé des supporters. En réalité, on fait changer les choses petit à petit depuis trois ans.»

Certes, la cathédrale de Saint-Denis n’est pas devenue un chaudron qui pétrifie les adversaires des Bleus, qui reviendront le 10 octobre affronter la Biélorussie pour leur dernier match des éliminatoires de la Coupe du monde 2018. « Mais disons qu’on n’est plus ridicules », estime Florent Soulez. Le public de Saint-Denis aurait donc été pris d’une passion dévorante et spontanée pour son équipe nationale ? Pas tout à fait. Derrière le tifo du 31 août, il y a une stratégie, portée par un groupe de supporters, les Irrésistibles Français, et leur capo, ou responsable des animations en langage ultra, Fabien Bonnel. « Nous sommes 800, dont certains ultras de différents clubs, qui savent se rassembler derrière le maillot bleu le temps d’un match. Et le tifo a été préparé par 50 bénévoles passionnés. »

Collaboration étroite
Le tout, main dans la main avec la Fédération. « Ils nous ont proposé le tifo, raconte Florent Soulez, on l’a validé et financé. Ils l’ont réalisé. Nous collaborons étroitement depuis quelques années. Au début, nous leur avons fourni une sonorisation, des tambours, etc. » Et ça marche. « Aujourd’hui, on grossit, se réjouit le capo Fabien Bonnel, et le reste du public répond de plus en plus. »
Du coup, le 10 octobre, à quoi faut-il s’attendre? « J’étais justement en train de travailler dessus, s’amuse Fabien Bonnel. Mais je ne peux rien vous dire. » Tremblez, Biélorusses, le Stade de France a bien changé.