Europe1 | 20.11.2019 | Par Julien Froment | photo : Franck Fife (AFP)

Les éliminatoires de l’Euro 2020 se sont terminés et on connaît quasiment toutes les nations qualifiées. Cet Euro sera particulier car il se disputera dans toute l’Europe, pour célébrer les 60 ans de la compétition. Les supporters français qui souhaiteraient anticiper leur déplacement sont pour le moment bloqués. Explications.

 

ON DÉCRYPTE

Pour espérer assister à l’Euro 2020, il va falloir aux supporters des Bleus beaucoup de patience, et beaucoup d’argent. La compétition, tout juste sexagénaire l’été prochain, se déroulera dans 12 pays, 12 villes (Londres, Bakou, Munich, Dublin…) et donc 12 stades différents. Un souhait de Michel Platini, quand il était à la tête de l’UEFA.

Les matches de chacun des six groupes se disputeront dans deux villes uniquement. Le règlement stipule en effet que « les équipes hôtes seront automatiquement assignées à leur groupe en fonction des paires de villes hôtes. » L’Italie, qualifiée haut la main, disputera donc ses trois matches de qualification à Rome. Pour les autres nations, dont la France, où aucun match n’est organisé – notre pays ayant accueilli l’ensemble de la compétition en 2016 -, cela s’annonce bien plus complexe…

Une galère d’organisation

« Faire tous les allers-retours, c’est ce qui me paraît le plus compliqué à gérer », s’inquiète au micro d’Europe 1 Anne, membre du bureau du groupe de supporters Les Irrésistibles français, qui gère les déplacements du groupe lors des grandes compétitions. « Pour la Coupe du monde en Russie ou au Brésil, on pouvait prendre un aller-retour et on se débrouillait avec des vols intérieurs. Là, ce n’est pas possible. »

Si les Bleus, qui ne sont pas encore sûrs d’être têtes de série, tombent par exemple dans la poule A, ils auront un match à Rome et les deux autres à… Bakou, en Azerbaïdjan. « Rien que pour cette destination, c’est entre 600 et 800 euros le vol aller-retour », rappelle Anne. Il faut aussi ajouter le coût de l’hébergement à chaque déplacement. Il est encore difficile d’évaluer le montant total, mais il devrait se chiffrer en milliers d’euros, sans compter le prix des billets. « Ce n’est pas la meilleure idée qu’ait eue Michel Platini », peste Anne. « C’est une galère en termes d’organisation. »

Jusqu’à 1.000 euros, rien que pour les billets

Et les dépenses ne sont pas finies, il faut également payer les billets pour assister aux matches. Si l’on arrive à en avoir… Car, pour obtenir les précieux sésames, c’es un vrai parcours du combattant. Il faut d’abord s’inscrire sur le site www.lesbleus2020.fr. Les supporters obtiendront ensuite un code, à conserver précieusement car c’est ce code qui donnera accès la billetterie officielle de l’UEFA, qui ouvre le 4 décembre prochain. Les supporters des Bleus auront ensuite deux semaines (clôture le 18 décembre, ndlr) pour acheter tous leurs billets, phase de poules et phases finales. Et là, premiers arrivés, premiers servis, il faudra se montrer réactif, si bien sûr, le site ne tombe pas en panne devant l’afflux des demandes.

« Dans l’ensemble, ce n’est pas trop cher, les prix des billets vont de 30 à 50 euros pour les matches de poules, c’est abordable jusqu’en quarts de finale », explique Anne. « En revanche, les demies et la finale, c’est énorme : 195 euros le prix supporters pour la demie, et 295 euros pour la finale. »

À titre de comparaison, dans le même type de catégorie, une place pour la finale de l’Euro 2016 coûtait 95 euros, soit un prix multiplié par trois. Cela reste loin encore de la finale de la Coupe du monde, où le billet supporter était à 450 euros le prix du billet pour la finale.

Au total, si un supporter français souhaite assister à tous les matches des Bleus durant l’Euro 2020, il devra débourser entre 800 et 1.000 euros, rien qu’en billets. Si, par malheur, la France venait à se faire éliminer en huitièmes ou en quarts, l’UEFA ne remboursera les billets achetés par les supporters français pour la suite de la compétition qu’en octobre 2020.

« On va perdre des supporters en route »

Vous l’aurez compris, il faudra s’armer de patience et faire des économies pour suivre l’équipe de France dans ses pérégrinations. « On va perdre des supporters en fonction de la poule dans laquelle nous allons être. Si on tombe sur Munich, Budapest ou une destination joignable par le train, il y aura du monde. La pire, c’est celle de Rome avec Bakou… La poule va vraiment tout décider. »

Verdict le 30 novembre prochain, à Bucarest, où aura lieu le tirage au sort des poules de cet Euro un peu particulier.